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Je pars à la recherche d'une vie antérieure...

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Vendredi 9 juin 2006

 

 Pour voir l'image en entier, cliquez dessus; comme le texte est difficilement lisible, en voici une copie dactylographiée:

 

              Indolente, Lou se rase, se chloroforme et se parfume…

           Dans ses mains, l’acier effilé.

           Dans ses mains, le flacon vide.

           Dans ses mains, les larmes capiteuses.

           J’étais fasciné par mes souvenirs de solitudes. Tous les instants où Lou était délaissée, l’esprit absent, évaporée en occupations dérisoires, en penchants délétères. Elle soupirait dans l’épaisse chaleur de la chambre n°23, songeant, méditant, s’abandonnant à une douce et sirupeuse mélancolie.

           Moi même j’avais du mal à percer ses pensées, mes pensées d’alors, dans ces moments-là. Je ne savais plus si je rêvais, si Lou rêvait, d’autres horizons, échafaudait des plans pour partir, comptait et recomptait ses économies… J’ai sans doute envie de croire cela, mais en réalité il me semble que Lou ne projetait pas de s’en aller, de changer de vie. Elle préférait se perdre parmi les autres filles en rase campagne. La Maison était comme une île isolée du reste du monde, plantée aux milieu d’une mer verte et agitée. Le vent faisait onduler ses flots luxuriants. L’écume bleu et brune flottait au dessus des vagues. Sous le ciel bas et nacré, ce n’était que prés et bosquets tout autour, étendues de fragiles fleurs folles à perte de vue et juste à côté un bois peuplé d’arbres sombres et penchés qui prenaient dans leurs bras les lourds nuages blancs. Dans ce paysage vide et sauvage se dressait un imposant bâtiment battant pavillon du Lupanar. A son bord, bon nombre de naufragées repêchées et installées au sec, quelques passagers clandestins dans les cales et, pour de plus ou moins longues traversés, des voyageurs de tous bords. Le Capitaine Mamita régnait hardiment sur ce terrible équipage qui avait appareillé sans peur pour un voyage au long cour. Et moi, petit moussaillon hâlé, à la peau tannée par les embruns et le soleil, je m’accrochais nonchalamment au mat, guettant l’horizon de mes yeux myopes et gonflés.

Vendredi 9 juin 2006
Vendredi 9 juin 2006
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Vendredi 9 juin 2006
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